Après le « Oui » à Notre Dame des Landes

Malgré notre défiance annoncée dès le début par rapport à une consultation biaisée basée sur des informations tronquées, nous sommes effectivement tous dépités du résultat de la consultation auprès des habitants du département de Loire-Atlantique.

Vous trouverez ici la déclaration commune du mouvement anti-aéroport, ainsi que le communiqué de presse de l’ACIPA

Position relayée ci-dessous par un message de Nicolas Haeringer, chargé de campagne dans l’association 350.org,  dont nous vous invitons à relire son analyse sur les ZAD dans un article du Monde datant de 2014.

Cher.e ami.e,
La consultation sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est tenue ce week-end en Loire Atlantique. Comme vous le savez, le Oui l’a emporté. Le premier ministre, ainsi que de nombreux autres élu.e.s, ont annoncé que ce résultat devait sceller la fin de la lutte que mènent, depuis 40 ans maintenant, les opposant.e.s à ce projet. 
De notre côté, nous continuerons à soutenir cette lutte exemplaire, contre un projet tout droit sorti du passé – et qui nous mène à une impasse écologique et climatique. Ce choix ne signifie nullement que 350.org fait peu de cas de la démocratie, comme j’essaie de l’expliquer plus longuement dans ce billet de blog. C’est même l’exact inverse. Nous continuerons à lutter contre ce projet d’aéroport parce ce que nous prenons la démocratie au sérieux et que nous sommes convaincu.e.s qu’elle mérite mieux, bien mieux, qu’une consultation biaisée et tronquée.
Ce qui se joue, sur la Zone À Défendre de Notre-Dame-des-Landes, est en effet essentiel : il s’agit, ni plus ni moins, d’expérimenter et d’inventer de nouvelles manières de vivre, de penser, d’agir, d’aimer, de s’opposer, de construire, de détruire, de rêver, de faire collectif ou société, bref, d’être humain.e face au changement climatique. Une expérience à défendre, contre la tentation du béton, et une conception de l’aménagement du territoire incapable de tenir compte de l’impératif climatique – c’est-à-dire, entre autres, de la nécessité de prendre en compte le long et le très long terme.
Que ces tâtonnements se fassent en dehors des cadres institutionnels ne nous surprend pas – et ne constitue pas un problème. L’expérience du mouvement pour le climat l’atteste : les conflits, y compris sous la forme de la désobéissance civile, sont souvent des passages nécessaires pour contraindre les autorités à agir.
Nous continuerons donc de nous mobiliser avec celles et ceux qui s’opposent au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et à son monde. Nous sommes convaincu.e.s que leurs pratiques et leurs expériences contribuent à tracer la voie de la transition vers des sociétés justes et durables.
À bientôt,
Nicolas Haeringer